Le Dossier Médical Personnel, ou DMP, va permettre à chaque patient d’avoir facilement accès à ses données médicales. Un service également offert à son ou ses médecin(s). Bien que sa création ait été programmée au début des années 2000, ce n’est que cette année qu’un gros coup d’accélérateur a été donné, avec la création en 2010 de plus d’un million de DMP dans 5 régions pilotes. La ministre de la santé Roselyne Bachelot a annoncé hier que la généralisation du DMP débutera dès décembre 2010.
Egarer un compte-rendu de radio des poumons, les résultats d’une prise de sang ou une lettre du médecin traitant à un confrère spécialiste est malheureusement fréquent, tout comme le fait de ne pouvoir détailler précisément ses antécédents en consultation. De même, pour les médecins, recevoir un patient adressé par un confrère, les urgences, le Samu ou les pompiers sans connaître son dossier médical peut faire perdre du temps, voire prendre des risques.C’est pourquoi, une fois l’informatisation du système de soins acquise, les autorités de santé se sont penchées sur la possibilité de centraliser ces données afin de les rendre accessible en cas de besoin. Mais comment faire pour standardiser cet hébergement de données, et surtout le sécuriser, afin d’éviter qu’il ne tombe entre les mains de personnes ou organismes malveillants ? Après de nombreuses années de tâtonnements et de déconvenues, il semblerait que le ministère de la santé ait trouvé les solutions manquantes pour piloter le projet, garantir l’interopérabilité des outils et la sécurité des données.
Roselyne Bachelot a rappelé, lors d’un discours tenu le 22 juillet à Bordeaux, s’être engagée à relancer ce dossier. Elle a également souligné que ce projet est désormais piloté par l’ASIP santé, l’Agence des Systèmes d’Information Partagée de santé, créée en 2009. Cette agence, amenée à se rapprocher des Agences Régionales de Santé (qui vont gérer régionalement l’organisation des soins), a mis au point un “cadre d’interopérabilité pour l’ensemble des systèmes d’information de santé“, la définition d’un “identifiant national de santé“ et l’agrément d’hébergeurs garantissant la sécurité des données de santé (9 le sont actuellement).Le DMP sera donc compatible avec les différents systèmes utilisés aujourd’hui en médecine et utilisable par toute personne, patient ou professionnel de santé. La ministre de la santé a insisté sur le fait que “chaque citoyen doit pouvoir être certain qu’il a connaissance de tous les accès à son dossier médical et doit pouvoir en fermer l’accès s’il le souhaite. C’est son droit, et c’est, j’en suis convaincue, l’une des garanties du succès du DMP“.Plusieurs projets pilotes, en Franche-Comté, en Picardie, en Rhône-Alpes, en Alsace et en Aquitaine ont permis de tester cette sécurité et l’utilité de ce DMP. Ce dernier sera généralisé à la France entière à partir de décembre prochain, il sera créé par les professionnels de santé, accessible par le patient par le biais d’un site internet protégé et s’enrichira au fur et à mesure, avec :- les médicaments délivrés, grâce au dossier pharmaceutique,- les comptes-rendus de radiologie,- les résultats des analyses de biologie,- les comptes-rendus hospitaliers,- les actes importants réalisés en ambulatoire.
D’autres services seront également expérimentés puis éventuellement implémentés, comme la possibilité de “correspondance sécurisée entre les patients et les professionnels de santé“, “des rappels automatiques de vaccins, de dépistage, d’examen ou de prévention des complications et des services de promotion de l’autosurveillance (comme celle de la glycémie pour les diabétiques)“, “la capacité pour les hôpitaux de prévenir les médecins traitants en cas d’entrée ou de sortie de l’hôpital des patients“, ou encore le DMP de l’enfant, le suivi du patient diabétique, la prise en charge coordonnée des cancers, voire la prescription électronique. Ce DMP devrait donc finir par voir le jour et à terme, si l’ensemble des intervenants l’adopte, servir de pivot entre les patients, les hôpitaux, médecins et maisons de santé, ce qui permettra une meilleure coordination des soins, une information plus adaptée et, peut-être, une meilleure prévention et éducation thérapeutique.Jean-Philippe RivièreSource : Discours de Madame Roselyne Bachelot-Narquin, Bordeaux, 22 juillet 2010Photo : Roselyne Bachelot au Comité interministériel sur les investissements d’avenir, juillet 2010, © CHAMUSSY/SIPAClick Here: cheap sydney roosters jersey
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