Une campagne pour apprendre à bien utiliser les médicaments

Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a annoncé le lancement le 2 mars prochain d’une campagne d’information et de sensibilisation au bon usage du médicament. Avec son slogan, “Les médicaments, ne les prenez pas n’importe comment“, cette campagne vise à lutter contre la banalisation de ces produits et répondre ainsi à la très forte consommation qui existe en France.

Le ministère de la Santé lance une campagne pour sensibiliser au bon usage du médicament.

Depuis longtemps premier pays européen en termes de consommation de médicaments, la France a terriblement souffert des affres du scandale du

Médiator ; les autorités sanitaires doivent donc s’attaquer à une double problématique : lutter contre la banalisation de l’usage du médicament tout en restaurant la confiance dans son système de contrôle. Sacrée gageure…Pour y parvenir, le ministre de la Santé compte notamment sur une nouvelle campagne de sensibilisation au mésusage et à la

surconsommation du médicament dont le slogan traduit clairement cette idée : “ Les médicaments, ne les prenez pas n’importe comment“.En 2010, chaque Français a consommé 48 boîtes de médicamentsAvec une consommation de 40 % supérieure à celles de 7 de ses voisins européens, (Allemagne, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse), la France conserve depuis plusieurs années sa place de 1er consommateur de médicaments. En moyenne, les Français en ont chacun consommé 48 boîtes en 2010 ! Pour certains, comme François Liard, médecin généraliste, le problème tient à la fois de la culture, de la formation des médecins et du manque d’information des patients : “C’est difficile de ne pas prescrire de médicaments à la fin d’une consultation, d’abord parce qu’il y a une habitude culturelle en France. Et aussi parce que les médecins sont formés à cela ; Et puis c’est sans doute aussi, du moins le pense-t-on, ce qu’attend le patient […] Terminer sans prescrire c’est du temps, c’est de l’attention et c’est de la pédagogie avec le patient.“Pour autant, Xavier Bertrand a insisté sur le fait qu’“il ne s’agit pas de vouloir réduire systématiquement la quantité de médicaments consommée par les Français“. A l’inverse des

antibiotiques, pour lesquels il reste indispensable de réduire la consommation en raison des problèmes de

résistance des souches bactériennes, cet objectif n’est “pas forcément souhaitable pour d’autres traitements de pathologies qui sont en constante progression“, a indiqué le ministre citant le diabète.Une approche qualitative et non quantitativePour ce dernier, l’approche doit donc être qualitative et non quantitative. C’est le sens de la campagne qui a pour quadruple objectif de :

  • Pallier un déficit d’information sur la nature active du médicament,
  • Lutter contre la banalisation de l’usage du médicament,
  • Sensibiliser au fait que le mauvais usage du médicament ou sa surconsommation peuvent nuire à la santé,
  • Réaffirmer le rôle prépondérant des professionnels de santé.

Le médicament, s’il vise à soigner, peut également nuire à la santé s’il est mal utilisé.

Interactions médicamenteuses, effets de certains aliments sur leur métabolisme (le

jus de pamplemousse est connu pour augmenter l’absorption des

immunosuppresseurs notamment, tandis que les aliments riches en vitamine K comme les choux, les choux fleurs, les brocolis ou les épinards, diminuent l’efficacité des

anticoagulants),

effets indésirables,

intoxications médicamenteuses, addictions… Les risques sont multiples et sont inhérents à plus ou moindre importance à chaque molécule. Le ministre de la Santé compte donc sur les professionnels pour le rappeler à leurs patients, mais attend aussi de ces derniers qu’ils

respectent scrupuleusement leurs prescriptions médicales et les conseils de leur pharmacien.Médias, médecins et pharmaciens mis à contribution

Un  spot TV, diffusé du 2 au 24 mars, sera là pour leur rappeler les règles de bon usage du médicament. La campagne sera également relayée sur les ondes radio et à travers la presse nationale, tandis que médecins et pharmaciens disposeront d’un total de 125 00 affichettes reprenant les messages clés de la campagne, qu’ils pourront apposer dans leur cabinet et leur officine.Amélie PelletierSourceConférence de presse du lancement de la campagne nationale d’information et de sensibilisation sur le bon usage du médicament, 29 février 2012.Click Here: nrl league jerseys