Le Centre hospitalier Lyon-Sud et l’Intergroupe Francophone de Cancérologie Thoracique (IFCT) lancent la première étude d’observation des cancers bronchiques des non-fumeurs et recrute à cet effet un millier de patients n’ayant jamais fumé et pourtant atteints de ce type de cancer.
Première cause de mortalité par cancer chez les hommes et
deuxième cause chez les femmes, le
cancer du poumon est dans la très grande majorité des cas dû au tabagisme et aux pollutions industrielles. Mais dans environ 10 % des cas selon des estimations européennes, essentiellement chez les femmes, ces facteurs de risque sont absents et aucun autre facteur identifié à ce jour ne permet d’expliquer le développement de ce cancer.Si les carcinogènes professionnels et le tabagisme passif sont en partie responsables, ils ne savent expliquer à eux seuls l’ensemble des cancers du non-fumeur. Les chercheurs pointent du doigt la
pollution atmosphérique et domestique, les
infections respiratoires (dont la
tuberculose), les antécédents personnels ou familiaux ou encore les facteurs hormonaux, mais aucune étude scientifique n’a permis de l’affirmer.L’Intergroupe Francophone de Cancérologie Thoracique (IFCT) a donc décidé de lancer une étude d’observation, baptisée BioCAST, auprès d’un millier de patients non-fumeurs atteints d’un cancer du poumon. Par non-fumeurs, les chercheurs entendent des patients qui ont fumé moins de 100 cigarettes au cours de leur vie, selon la définition récente de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).Le recrutement est organisé par les centres de santé qui ont répondu à l’appel, ce qui donnera une première indication de la prévalence en France des cancers bronchiques chez les non-fumeurs, explique à Doctissimo Franck Morin, de l’IFCT.“Le cancer bronchique du non-fumeur semble toucher majoritairement les femmes, ce qui s’expliquerait par une plus forte exposition au tabagisme passif mais également par les aspects hormonaux et la contraception“, poursuit le directeur de l’IFCT.Plusieurs études ont montré que le cancer bronchique du non-fumeur présentait des caractéristiques génétiques et moléculaires différentes de celles du cancer du fumeur. L’étude BioCAST mise en place au CHU de Lyon a pour objectif principal de décrypter le génome constitutionnel du patient puis de le comparer aux génomes issus de cohortes dont dispose le Centre national de Génotypage d’Évry. Par ailleurs, un interrogatoire du patient, mené par un professionnel en face à face, pendant 1 heure, devra permettre d’identifier des facteurs de risque environnementaux comme le mode de cuisson des aliments (il a été montré que la cuisine au wok, le barbecue et, plus globalement, la cuisson à des températures très élevées était cancérigène).L’étude doit durer 1 an. Les premiers résultats sont attendus pour le second semestre 2013.Amélie PelletierSourcesCommuniqué du CH Lyon-Sud et de l’IFCT, 15 novembre 2011.Entretien avec Franck Morin, directeur de l’IFCT, 15 novembre 2011.
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