HIFU, une technique non invasive pour traiter les tumeurs bénignes

Après les

fibromes utérins et le

cancer de la prostate entre autres, les Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (HIFU) promettent de révolutionner la prise en charge des adénofibromes et des nodules thyroïdiens, des tumeurs bénignes qui, dans certains cas, requièrent une intervention chirurgicale relativement lourde.

Les Ultrasons Focalisés de Haute Intensité indiqués dans le traitement des tumeurs bénignes du sein et de la thyroïde.

Intégrée à la pratique de l’échothérapie, la technique HIFU serait aussi efficace que la chirurgie, sans ses inconvénients. Et les patients ne seraient pas les seuls à en bénéficier, affirme Stefano Vagliani, directeur général de Theraclion, une société française qui commercialise l’Echopulse® : avec un coût nettement moindre, notre système de santé aurait tout à y gagner. Explications.L’adénofibrome du sein, une tumeur bénigne qui touche 10 % des femmesL’

adénofibrome du sein (ou fibroadénome mammaire ou fibrome du sein) est une tumeur bénigne relativement répandue, que l’on observe chez environ 10 % des femmes, majoritairement âgées de 15 à 35 ans. Il s’agit d’une structure fibreuse, palpable au toucher, souvent détectée par la patiente elle-même ou lors d’un examen médical. Cette petite boule ferme et mobile, aux contours bien délimités, mesure généralement de 2 à 3 cm, mais peut parfois atteindre 15 cm.Pour s’assurer du caractère bénin de cette tumeur, le médecin pourra demander une ponction. Réalisée à l’aiguille sous anesthésie locale, ce geste est certes désagréable mais pas trop douloureux. L’analyse des cellules recueillies permettra de confirmer le diagnostic d’adénofibrome en quelques jours. Dans l’immense majorité des cas, ces tumeurs n’exposent pas à un risque accru de

cancer du sein. Chez les femmes jeunes, on se contente donc de les surveiller sauf si elles grossissent trop vite. Chez les femmes plus âgées, une attitude plus interventionniste (chirurgie) est plus volontiers proposée.D’autres critères peuvent amener le médecin à proposer une intervention : la douleur et l’angoisse ressenties par la patiente. Sur les 610 000 nouveaux cas de fibroadénomes diagnostiqués chaque année en Europe, seuls 112 000 font l’objet d’une exérèse (9 000 en France). En cause, la forte réticence des patientes à subir une intervention relativement lourde pour quelque chose qu’elles savent bénin.Les nodules thyroïdiens, rarement opérésLa thyroïde est également le siège de tumeurs bénignes, parmi lesquelles les nodules thyroïdiens. La grande majorité d’entre eux (95 %) ne justifient pas d’intervention chirurgicale. Ils sont alors placés sous surveillance médicale. Mais certains, de par leur volume important ou leur caractère progressif, peuvent entraîner une gêne fonctionnelle, notamment lors de la déglutition ou de la respiration, ou s’avérer disgracieux, et inciter le ou la patient(e) à vouloir se faire opérer.En Europe, environ 155 000 nodules thyroïdiens sont ainsi retirés chaque année. Une fraction très faible au regard de leur incidence, qui atteint 911 000 nouveaux cas par an. Il faut dire que la

chirurgie de la thyroïde expose à des complications, qui, si elles restent assez peu fréquentes, n’en demeurent pas moins très gênantes (hypocalcémie, modification de la voix).L’adénofibrome du sein et le nodule thyroïdien, deux indications reconnues de l’HIFU

Pour ces patients et, plus globalement, pour la moitié des personnes présentant une tumeur bénigne du sein ou de la thyroïde, l’échothérapie par HIFU représente une alternative intéressante à la chirurgie à plusieurs points de vue : sans anesthésie générale, cette approche non invasive réduit tout risque infectieux et évite une cicatrice. En outre, l’intervention est plus rapide, d’une durée de 1 heure contre 1h30 pour une chirurgie classique. Enfin, la récupération est immédiate, puisque les soins sont prodigués en ambulatoire.Les Ultrasons Focalisés de Haute Intensité sont des ondes de très forte énergie qui, délivrés sur un volume réduit, induisent un échauffement rapide de la zone traitée, entraînant la coagulation des tissus puis leur nécrose. L’action est ciblée de manière très précise, sur une fraction de la tumeur, de sorte que les tissus sains alentours sont épargnés. Le traitement consiste en une alternance d’impulsions de 4 secondes et de pauses de 10 à 20 secondes, après que le volume tumoral a été parfaitement déterminé. En 6 à 9 mois, les ¾ du nodule ont disparu, laissant place à “un amas de tissu résiduel, souple, qui n’est plus générateur de douleur et d’anxiété“, explique Stefano Vagliani, directeur général de Theraclion, qui s’appuie sur les résultats d’une étude de 2 ans ayant porté sur 50 patientes traitées pour un adénofibrome. Ils montrent “une excellente tolérance, l’absence d’effets secondaires et de rechute à 2 ans“.Au total, Stefano Vagliani estime qu’entre un quart et la moitié des adénofibromes et des nodules thyroïdiens pourraient être traités par échothérapie.L’Echopulse®, dans l’attente d’un remboursement en FranceAvec sa technologie Echopulse®, Theraclion espère couvrir ces besoins en vendant 1 200 machines d’ici 10 ans. L’appareil coûte 350 000 €, et les consommables à usage unique sont vendus au prix de 300 à 350 €.Disposant d’un marquage CE pour le traitement des nodules thyroïdiens bénins (2007) et des adénofibromes du sein (2012), cette technologie est déjà commercialisée dans plusieurs pays européens. En France, seuls l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine et le groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon à Paris possèdent un appareil, mais le traitement n’est pas remboursé. En effet, pour le moment, cette approche thérapeutique ne bénéficie pas d’une prise en charge par l’Assurance Maladie. “Nous bâtissons le dossier“, assure Stefano Vagliani, précisant que Theraclion s’appuiera sur les sociétés savantes, en particulier la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM) pour l’adénofibrome et la Société française d’endocrinologie (SFE) pour le nodule thyroïdien, pour plaider sa cause auprès des autorités sanitaires. Ses arguments, qu’ils soient d’ordre médical ou pécuniaire, ont déjà fait mouche en Italie, qui rembourse le traitement à hauteur de 2 000 €, ou en Allemagne, qui offre un forfait innovation de 1 200 € pour dix hôpitaux.Les Etats-Unis viennent quant à eux d’autoriser le lancement d’une étude de faisabilité (sécurité et l’efficacité de la technologie) du traitement des adénofibromes du sein. L’autorisation de mise sur le marché devrait donc intervenir en 2017 sur le sol américain. En Chine, la certification est attendue pour fin 2015, pour une commercialisation au second semestre 2016.En attendant, Theraclion travaille à l’amélioration de l’Echopulse® et cherche notamment à réduire le temps de traitement, à améliorer la qualité de l’image et à élargir ses indications, notamment aux petits cancers du sein.
Amélie Pelletier,
Créé le 15 avril 2014Source : Conférence de presse organisée par Theraclion le 3 avril 2014, à l’occasion de son introduction en bourse sur Alternext Paris.Crédit photo : Theraclion.Click Here: Golf special