Déjà soupçonné de nombreux effets nocifs, le bisphénol A (BPA) provoquerait l’hyperactivité chez des poissons exposés au stade embryonnaire. Cette substance chimique utilisée dans les plastiques et des conteneurs alimentaires est un perturbateur endocrinien très controversé. Il est interdit en France dans tous lescontenants alimentairesdepuis le 1er janvier dernier.
La France interdit le BPA dans les contenants alimentaires depuis le 1er janvier de cette année.
Le bisphénol agit sur la formation des neuronesLa chercheuse Deborah Kurrasch, principale auteure de ces travaux, a exposé des embryons de poissons-zèbres, un modèle de recherche très utilisé car ils partagent 70% de leurs gènes avec les humains, aux concentrations de bisphénol A et S trouvés dans les rivières canadienne Oldman et Bow, dans l’Alberta. Les chercheurs se sont aperçus que ces niveaux de bisphénol ont modifié le moment de la formation et la quantité de neurones dans le cerveau de ces poissons zèbres.“J’ai été vraiment surprise car les doses étaient très faibles et je ne pensais pas qu’il pourrait y avoir des effets“, explique Deborah Kurrasch, scientifique à l’Université de Calgary (Province d’Alberta). Ces modifications dans la formation des neurones ont entraîné une hyperactivité chez ces poissons plus tard dans leur vie.“Ces résultats sont importants car la période embryonnaire est une étape cruciale dans la formation du cerveau. Ils révèlent des pistes de recherche jusqu’alors inexplorées sur les effets possibles d’une exposition à ces substances chimiques même très faibles sur le développement cérébral“, estime Cassandra Kinch, chercheuse à l’Université de Calgary, une des co-auteurs de cette étude.Une énième étude qui signale la dangerosité des bisphénols pour la femme enceinteCes chercheurs ont aussi été surpris de constater que le BPA et le BPS ciblaient des récepteurs d’hormones mâles impliqués très tôt dans la naissance des neurones dans le cerveau des poissons zèbres.“Découvrir le mécanisme liant de faibles doses de BPA à des anomalies dans la formation du cerveau et
l’hyperactivité revient quasiment à trouver une preuve irréfutable“ de la nocivité de cette substance chimique, selon Hamid Habibiu, professeur de toxicologie à l’Université de Calgary.Bien que davantage de recherches soient nécessaires, les scientifiques estiment que cette étude vient conforter les résultats d’autres recherches suggérant que les femmes enceintes devraient limiter leur exposition aux produits contenant des bisphénols.Le BPA modifierait la structure de la glande mammaire
En avril 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire avait pu mesurer pour la première fois les niveaux d’exposition de la population au BPA et mis en évidence un risque de
cancer du sein pour l’enfant à naître des femmes exposées.
Parmi les effets sanitaires, avérés chez l’animal et suspectés chez l’homme, l’ANSES avait mis en évidence une modification de la structure de la glande mammaire pouvant favoriser le risque tumoral à l’âge adulte. Or, lorsqu’on compare les doses repères retenues chez l’animal, aux doses calculées chez l’être humain (en fonction de différents scénarios d’exposition), il s’avère qu’il existe un risque pour la femme enceinte et sa descendance. Il suffit que cette dernière consomme quotidiennement cinq verres d’eau issus d’une bonbonne en polycarbonate pour frôler les limites toxicologiques, indépendamment de son alimentation.
Selon le rapport de l’Anses, 15,7 à 19,8 % des femmes dépasseraient le seuil théorique susceptible de favoriser un cancer du sein chez l’enfant à naître.Le Canada, l’Union européenne et au moins onze Etats américains interdisent l’utilisation du BPA dans les biberons et autres produits destinés aux enfants.La France interdit le BPA dans les contenants alimentaires depuis le 1er janvier de cette année.L’Agence américaine des médicaments (FDA) persiste à rejeter un appel de groupes environnementaux pour interdire cette substance, arguant de l’insuffisance de preuves scientifiques.AFP/RelaxnewsSources :
1. Low-dose exposure to bisphenol A and replacement bisphenol S induces precocious hypothalamic neurogenesis in embryonic zebrafish, Deborah Kurrasch and al, Janvier 2015, Proceedings of The National Academy of Sciences (
accessible en ligne)
2. Rapport d’expertise collective
“Evaluation des risques du bisphénol A (BPA) pour la santé humaine“, Anses, 9 avril 2013.Click Here: Golf special
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