Les meurtres de l’hôpital psychiatrique de Pau ont bouleversé l’agenda du ministre de la santé. Philippe Douste-Blazy a été amené à dévoiler plus tôt que prévu l’ébauche de son plan de santé mentale. L’objectif : sortir la psychiatrie de la crise et améliorer la prise en charge des troubles psy. Tour d’horizon des principales mesures…
Les différents faits-divers impliquant desschizophrènes ont souligné les difficultés dela psychiatrie en France. Le ministre de la santé, PhilippeDouste-Blazy, a avancé la présentation de son PlanSanté Mentale, qui doit permettre de mieux traiter cesmaladies. Il a présenté début février2005 les grandes lignes de ce document.Informer avant toutLes maladies mentales sont encore entourées de nombreuxtabous. On a du mal à en parler à son médecin,les malades ne peuvent avouer leurs troubles à leursproches… et le grand public a peur des “fous“. Leministère de la santé a donc décidéd’agir contre l’ignorance, et de grandes campagnes de communicationdevraient voir le jour à partir de 2006, axées autourde livrets d’informations sur chaque trouble. Cela débuterapar la dépression et les troubles maniaco-dépressifset devrait continuer avec la schizophrénie et les troublesobsessionnels compulsifs. A noter, cette campagne seradéclinée en direction des médecinsgénéralistes, au premier rang pour diagnostiquer cestroubles et orienter vers les spécialistes. Des actionsspécifiques à destinations des enfants et adolescentsseront menées. Elles permettront de sensibiliser lesprofessionnels de l’enfance et de l’éducation.Prise en charge précoceEn plus de livrets qui leur seront destinés, lesmédecins généralistes feront l’objet demesures spécifiques. Ainsi, la formation devrait accorderplus de place aux troubles mentaux. Ces maladies seront d’autantmieux prises en charge qu’elles sont détectéesprécocement. La mise en place de réseaux de soindevrait aussi favoriser l’identification des problèmes.Ceux-ci feront intervenir des services de psychiatrie, desmédecins généralistes, desspécialistes, des membres de l’éducation nationale,de la justice… A noter : la mise en place de tandems entre chaquemédecin généraliste et un psychologue ou unpsychiatre, auquel il pourra demander des conseils et adresser despatients.Des structures plus efficacesDes moyens seront également débloqués pouraméliorer les structures. Ainsi, des crédits serontalloués à l’amélioration du fonctionnement desCentres médico-psychologiques, qui permettent un accueil deproximité. Mais les services de psychiatrie deshôpitaux ne sont pas oubliés. Ainsi, des moyenshumains devraient être débloqués et le nombrede lits en psychiatrie augmenté (chez les adultes et lesenfants), pour permettre l’accueil et la prise en charge depathologies lourdes.Une meilleure répartitionEn ce qui concerne les psychiatres de ville, le problèmen’est pas tant une question d’effectif que de répartitiongéographique. Au 1er janvier 2003, on comptait 13 548psychiatres en exercice, ce qui place la France au 2e rang mondialen nombre de psychiatres par habitants ! Mais certains coins del’hexagone sont de véritables sinistrés de lasanté mentale…Le plan prévoit de faciliter une meilleurerépartition géographique : aide àl’installation dans les zones “défavorisées“ et aideà une meilleure répartition au sein deshôpitaux. Le plan doit veiller également à ceque le nombre de psychiatres ne baisse pas dans les prochainesannéesD’autres améliorations sont attendues. Parmi lesquelles :des actions spécifiques face à la dépressionet au suicide, un meilleur accompagnement des malades et desfamilles, un meilleur accès au logement des personnessouffrant de troubles psychiques…Pour l’instant, ce plan ambitieux n’est qu’à l’étatd’ébauche. Mais on peut d’ores et déjàs’inquiéter de la faiblesse des moyens alloués. 200000 euros suffiront-ils à sauver la psychiatrie ? Uneaffaire à suivre…Alain SousaClick Here: cheap all stars rugby jersey
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